27 février 2009
IRAK: UNE AUTRE DÉFAITE
Les États-Unis annoncent un retrait de près des deux tiers de leurs troupes d'Irak d'ici août 2010. C'est sans doute la fin d'un autre conflit inachevé d'où la superpuissance américaine sort globalement perdante, comme jadis au Viet-Nam. Vrai, on a libéré le monde d'un dictateur sanguinaire, mais à quel prix? Sans compter les soldats, un nombre incroyable de civils y auront perdu la vie.
D'autres mourront encore longtemps des conséquences de cette guerre, bien après le départ du dernier soldat, à cause de la destruction des réseaux d'eaux et d'énergie, du système de santé, de l'empoisonnement du sol et de l'air par la radioactivité du matériel et des armes utilisées, et par les mines et les obus qui criblent littéralement le territoire.
Au delà d'une civilsation qu'on a fait reculer d'au moins un siècle sur le plan de son développement, les pertes pour l'humanité toute entière sont grandes. Des institutions muséales d'une valeur inestimable ont été pillées, des milliers de trésors archéologique remontant à la lointaine Mésopotamie sont disparus et des oeuvres d'une grande valeur artistique ou architecturale ont été détruites ou spoliées.
Cette guerre de six ans se sera soldée par un autre bilan très négatif, comme dans la plupart des conflits que les États-Unis initient depuis un demi-siècle.
Bien sûr, le bilan n'est pas négatif pour tous. De grandes multinationales comme Halliburton (liée de près à l'ex vice-président Dick Cheney et à la conseillère Condoleeza Rice) ou Kellog Brown & Roots en ont retiré des milliards de dollars! D'autres pétrolières comme Exxon ou Total (propriété partielle de Power Corporation du milliardaire canadien Paul Desmarais) ont aussi bien su profiter de la manne.
Tirerons-nous collectivement une leçon de cette histoire? Ou prolongerons-nous encore longtemps ces soi-disant missions de paix ou de "reconstruction", comme actuellement en Afghanistan, pour nous rendre compte dans trois, cinq ou dix ans, que nous n'avons rien fait là d'autre que de nous appauvrir collectivement en enrichissant quelques grandes entreprises qui profitent de la présence militaire occidentale pour mieux dérober les trésors nationaux de pays auxquels ils n'ont autrement pas accès? Et de ce fait nourrir l'argumentaire des extrémistes que nous ne savons combattre qu'en payant de nos propres libertés?
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