UrbainMajeur

réflexions sur la vie contemporaine, l'urbanité, l'éthique et le politique

21 février 2009

Les Québécois? Des crétins!

 

Les humiliations se poursuivent et se multiplient. Jusqu’en 1995, les Canadiens ont eu peur, vraiment peur, que le projet souverainiste, qui avait le vent dans les voiles depuis 25 ans, ne se concrétise. Puis il y a eu ce référendum de 1995, volé par le camp du NON dans le mépris total des lois québécoises. Et ils s’en sont tirés ! Ils ont même réussi à faire croire que leur geste était d’autant plus légitime que le camp du OUI aurait lui aussi, selon leurs dires, triché en rejetant trop de bulletins le soir du vote ! Puis il y a eu aussi cette rhétorique bancale qui a servi a dénaturer complètement le discours tenu par Jacques Parizeau le soir de ce référendum, une rhétorique perverse dont la logique alambiquée faisait de Parizeau et de tous les souverainistes, par association, des racistes de la pire espèce.

Ce fut plus tard l’épisode pitoyable de la commission Bouchard-Taylor, véritable psychodrame national commandé par Jean Charest qui mit en scène tout ce que le Québec peut compter de zélotes, de bigotes, de curés misogynes, de mégères enragées et d’adéquistes xénophobes accompagnés d’une couverture de presse rien de moins qu’internationale. Ce qu’on a dû rire de nous dans les chaumières de la planète !

Pendant ce temps, la langue française perd du terrain mais, depuis notre ministre de la culture à la responsable de l’office de ladite langue, tous s’entendent pour affirmer, malgré toutes les évidences et les statistiques qu’on publie à corps défendant, qu’il n’en est rien et que les Québécois sont des anxieux paranoïaques !

Simultanément, des journalistes du Canada anglais affirment que le racisme des Québécois est à l’origine des comportements extrêmes comme celui de Marc Lépine à Polytechnique ou de Kimveer Gill à Dawson. Là où on aurait sans doute fusillé le coupable si quelqu’un d’ici avait avancé de telles horreurs sur, par exemple, les Juifs, nous n’avons même pas eu droit à des excuses dignes de ce nom. Quels minables sommes-nous !

Puis il y eut cette superbe et flamboyante réécriture de l’histoire à l’occasion des fêtes du 400e de Québec, où Champlain devenait soudainement le fondateur du Canada, et où l’anglophonie pouvait quasiment s’y croire elle aussi des racines ! Pendant ce temps, Pierre Curzi fut ostracisé pour avoir osé critiquer la venue d’un fier porte-parole de l’Angleterre, aussi Beatles soit-il, pour marquer le point culminant de ces fêtes. Et Pauline, brave Pauline, de battre sa coulpe, et celle de tous les indépendantistes, dans un geste d’auto flagellation largement médiatisé. Ayons honte !

La France, notre alliée supposée qui a toujours su, à ses heures, se faire un peu putain, en a récemment rajouté par la voix de son président qui n’a pas lésiné en traitant, avec son savoir-vivre habituel, les souverainistes d’ici de sectaires et de querelleurs… Tassez-vous, pauvres cons ! Desmarais était très content, Charest faisait semblant d’être gêné, Le Globe and Mail n’a pu s’empêcher d’en jouir publiquement, Harper a vite repris la balle au bond à la Chambre des Communes, et les pauvres cons sont rentrés chez eux, un peu plus écrasés.

Au même moment, du côté de Parcs Canada, un fonctionnaire franco-manitobain complexé, qui rêve sans doute inconsciemment de devenir un jour aussi puissant qu’un Anglais, a concocté une autre grande fête des Québécois : celle de leur défaite ! Et ce fut l’étonnement général quand quelques résistances se sont manifestées. Comme par hasard, c’est en évoquant sans autre preuve des « risques de violence appréhendée » (tiens donc, des relents d’octobre 70 ?) de la part des Québécois souverainistes que tout le monde a reculé et qu’on a mis un terme à ce délire fédéraliste. Encore une fois, c’est de la faute aux méchants Québécois indépendantistes !

Peuple de racistes, xénophobes, paranoïaques, imbéciles, sectaires, querelleurs et violents, voilà ce que nous sommes ! À force de le crier sur toutes les tribunes, de l’écrire dans tous les grands journaux, de le répéter dans tous les médias sans que jamais aucun geste d’opposition digne de ce nom ne se manifeste, le monde entier intègre le message. Et les Québécois aussi, surtout les plus jeunes, qui n’ont plus envie de se faire bafouer et crétiniser comme leurs parents et qui, à défaut d’exemples forts, optent en masse pour l’indifférence politique et la tranquille assimilation. Dans deux ou trois générations, celle de mes petits enfants sans doute, les effets débilitants de la consanguinité dont on nous stigmatisait encore tout récemment ne paraîtront plus. À moins qu’on ne prenne prétexte de notre personnalité d’inadaptés abrutis pour nous anéantir encore plus rapidement, et pour de bon cette fois-ci.

 



19 décembre 2008

PROBLÈME DE TRANSPORT? LIMITER LES DÉPLACEMENTS

Montréal, 19 décembre 2008 - Il fait moins 16 à l'extérieur. Sur les autoroutes encombrées, des dizaines de milliers de banlieusards s'échinent à rejoindre le centre-ville sur des routes glacées, peinant contre la congestion, le froid et la visibilité réduite par la buée sur leur pare-brise et la vapeur du pot d'échappement du véhicule qu'ils suivent. D'autres grelottent en attendant l'autobus qui, trop plein, ne s'arrêtera peut-être même pas. Étudiants et travailleurs transitent comme ça, matin et soir, toujours plus nombreux, qui pour aller suivre un cours, qui pour aller s'asseoir devant un ordinateur ou répondre au téléphone dans le cadre de son emploi.
Pendant ce temps, des milliers d'ingénieurs, urbanistes et gestionnaires de tout acabit s'arrachent les cheveux pour résoudre les problèmes que posent ces nomades journaliers. Où trouver les sommes nécessaires à l'entretien des routes? Comment résoudre les problèmes de pollution? Que faire pour accroître l'offre et l'intérêt du transport en commun? Quels sont les meilleurs incitatifs au covoiturage?
Et si on posait le problème autrement?
Outre toutes les solutions envisagées, il en est une qu'on explore sans doute insuffisamment: limiter les déplacements! Il est évident que, avec les moyens efficaces de communication dont on dispose aujourd'hui  une grande partie de ces voyageurs quotidiens n'a pas vraiment à se déplacer pour être efficace.
Prenons le cas des étudiants. J'enseigne à l'université. Comme bien d'autres, je rends mes notes de cours accessibles à mes étudiants par internet. Ils peuvent aussi facilement me rejoindre par courriel. Je peux facilement imaginer que, avec un minimum d'appuis technologiques, je puisse leur enseigner de mon bureau, chez moi, alors qu'ils seraient dans leur salon, chez eux. Cela se fait, d'ailleurs, mais encore à petite échelle. Bien sûr, c 'est inapproprié pour des cours où on doit utiliser des laboratoires ou des appareillages complexes, mais cela ne représente qu'une faible proportion des cours universitaires. Dans la très grande majorité des cas, nous offrons des cours magistraux, ou des séminaires, ou des ateliers où les participants pourraient tout aussi bien être mis en contact de manière virtuelle. Dans n'importe quelle de nos universités, ce sont des milliers d'étudiants qu'on éviterait de déplacer ainsi quotidiennement, des centaines de locaux dont on n'aurait plus besoin, ...et moins de chauffage, d'entretien, d'énergie et de pollution.
C'est même un moyen intéressant pour rendre l'université accessible dans les régions où de tels services sont moins présents! Sans compter que la réduction des coûts qu'entraîne une telle approche est une solution toute simple au problème de sous-financement de l'enseignement supérieur.
Et combien de bureaux pourraient aussi travailler de la même manière?
Pensons au nombre d'heures gagnées, à la productivité accrue, au effets bénéfiques sur notre qualité de vie, à la diminution du stress, aux besoins réduits en transport et en énergie, à la réduction des effets de nos déplacements sur l'environnement. Que de gains importants pourrions-nous ainsi réaliser!
Bien sûr, cela suppose des changements, parfois importants, à nos habitudes séculaires. Mais devant le cul-de-sac où nous ont mené nos pratiques actuelles, un virage, même majeur, ne présente-t-il pas un grand intérêt?

16 décembre 2008

RONA, RENO ET LES AUTRES… DES VOLEURS?

Se pourrait-il que nos quincaillers soient des voleurs? Ou alors qu’ils nous prennent tous pour des idiots? Voici un fait réel, vérifiable et toujours parfaitement d’actualité.

Vous vous apprêtez à peindre votre salon et vous avez besoin de peinture. Vous vous rendez chez votre quincailler Rona, Réno-Dépôt, Canadian Tire ou autre Home Depot pour vous procurer de la peinture. Vous avez fait le calcul… la surface à peindre nécessitera 25 litres de peinture. Comme vous n’achèterez pas la peinture en petit format d’un litre, vous faites alors la conversion : 1 gallon égale environ 5 litres, donc 5 gallons feront l’affaire. Vous demandez donc au commis de vous préparer 5 gallons de la peinture choisie et vous partez vous mettre à l’œuvre.

 Le travail avance bien et vous achevez presque, mais voilà qu’il vous manque de la peinture… pas juste pour donner un ou deux coups de pinceau supplémentaires, mais de quoi peindre tout un mur de ce salon! Comment est-ce possible? Simplement parce que votre quincailler, qui vous a fait payer pour 5 gallons de peinture, ne vous en a vendu que 4,2… Dans les faits, il vous manque presqu’un gallon! Pourtant, c’est bien inscrit « un gallon » sur le contenant. Et c’est une fraude.

 En fait, on vous a vendu des bidons de 3,8 litres, ce qui équivaut à 83% d’un gallon canadien… sur lequel c’est écrit aussi, frauduleusement sans doute, 1 gallon! Frauduleusement, car le « gallon » dont il est question est une mesure américaine qui n’a pas de statut légal au Canada dans la vente aux consommateurs. C’est une indication qui ne sert, en fait, qu’à vous tromper.

 Et, de grâce, ne tentez pas d’expliquer la chose au commis qui, à l’école, n’a appris, comme c’est la règle, que les litres, les kilos et les centimètres, même s’il vous vend des gallons, qu’il vous donne son poids en livres et se mesure en pieds et pouces.

 

 

12 décembre 2008

LA CRISE ÉCONOMIQUE EXPLIQUÉE AUX NULS (2)

Vous voulez savoir où est passé l'argent "perdu" par Wall Street? Selon cette nouvelle parue aujourd'hui sur le site de Radio-Canada, il serait en bonne partie dans les poches de spéculateurs malhonnêtes qui sont désormais milliardaires, qui ont maintenant les moyens de se payer les meilleurs avocats, qui contribuent très généreusement aux finances des partis politiques et qui vont s'en tirer finalement beaucoup mieux que vous... Un nom? Bernard Madoff, ex-pdg de NASDAQ.

Une fraude de 50 milliards de dollars US... quand même !

11 décembre 2008

EN PRÉSENCE D'UN TIREUR FOU? FILMEZ-LE!!!

Montréal, jeudi le 11 décembre 2008 - La nouvelle tombe sur le fil de presse: il y a peut-être un tireur fou dans un pavillon de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). La police est sur les dents. On rapporte avoir entendu des détonations. Comment réagit alors "Cyberpresse", le site électronique du groupe Gesca, appartenant à Power Corporation, château fort de la famille Desmarais? Comme suit:

"Cyberpresse -

Vous êtes présentement à l'UQAM et vous avez été témoin de la présence d'un homme armé dans les pavillons Thérèse-Casgrain et de l'Éducation?

Racontez-nous ce que vous avez vu et entendu et envoyez-nous vos photos et vidéos à bn@cyberpresse.ca." (source Cyberpresse, 2008-12-11)

Au lieu d'inviter à la prudence, au lieu de suggérer de se faire le plus discret possible, au lieu de faire tout pour éviter le drame et diminuer les risques, Cyberpresse suggère de jouer les reporters amateurs en vous incitant à photographier et à filmer!

Et si le tueur vous tire dessus? C'est encore mieux, ça va faire de meilleures images et ça vend plus de copies!

Vive les médias "responsables"!

 

23 septembre 2008

INFORMER ET SÉDUIRE

L'information se transforme radicalement. La neutralité journalistique a disparu. Le seul crédo: le lectorat, les cotes d'écoutes, les "ratings" comme disent les cousins de l'hexagone. En vertu de ce crédo, les journalistes ne doivent plus simplement rapporter la nouvelles, ils doivent la raconter. Transformer les faits en récits, autant que possible divertissants. Ce faisant, ils imposent un point de vue, et leur narration devient discours, c'est-à-dire empreint d'intention. Lors de l'émission d'hier de "C'est juste de la TV" sur la chaîne ARTV de Montréal, Anne-Marie Withenshaw, en parlant de Patrice Roy comme nouvel animateur sur RDI, a dit "il devrait être bon car il sait raconter des histoires"! N'est-ce pas exactement ce que ne doit pas faire un animateur de journal soucieux d'objectivité? Raconter une histoire, c'est travestir les faits et leur donner un angle, une orientation. C'est biaiser l'information et tromper l'auditeur, le spectateur.
C'est toutefois en plein ce qu'il faut pour séduire l'auditoire, gagner des places au palmarès et, accroître la valeur du diffuseur auprès des annonceurs. C'est, hélas, exactement ce qu'on doit proscrire au nom du droit à l'information, à moins d'y renoncer.

15 septembre 2008

SEPT PROJETS POUR UN PAYS

Le plus désolant des campagnes électorales récentes, fédérales ou provinciales, est sans nul doute l’absence de projets structurants, rassembleurs et stimulants. Des projets qui font rêver sont importants pour le développement des peuples. Ils sont aussi essentiels à l’avenir de toute nation qui se respecte. On manque d’idées au Québec? En voici quelques unes.

 

  1. Un port en eau profonde dans le grand nord afin de profiter du trafic maritime qui s’y développe à cause du réchauffement climatique …avec un pipeline pour transporter le pétrole vers les sud où on le raffinera. Ou encore pour y amener l’eau potable qu’on exportera vers l’Europe et le Moyen-Orient.
  2. Des chemins de fer électriques partout au Québec. Nous ne fabriquons pas de véhicules automobiles, et nous n’avons pas de pétrole. Nous devons importer ce qu’il faut pour fabriquer l’asphalte et nos routes sont un cauchemar à entretenir, surtout en hiver. En revanche, nous avons du fer et de l’acier en quantité, de l’électricité non-polluante, et une grande expertise dans l’industrie du rail. Qu’est-ce qu’on attend?
  3. Un système de santé incluant les soins dentaires et les médicaments basé exclusivement sur la gratuité et l’universalité, misant sur la prévention avant l’intervention. Bien sûr, ça coûtera plus cher d’impôt, mais tellement moins que ce que ça nous fera économiser en assurances privées et en problèmes de toute sorte.
  4. Une vraie régionalisation des pouvoirs. En tant que pays, le Québec est trop grand et ses régions trop disparates pour ne pas créer des « provinces » aussi autonomes que possibles. Avec de véritables gouvernements régionaux pouvant lever des impôts, la population toute entière se sentirait plus près des centres de décisions et s’impliquerait davantage en fonction des véritables enjeux. Et c’est sans compter l’effet d’émulation!
  5. Un véritable virage vert. On n’a pas de pétrole? C’est merveilleux! Donnons-nous des lois pour arriver à court terme à une utilisation exclusive des énergies propres et renouvelables : hydro-électricité, nucléaire, éolien, géothermique, etc. Depuis les transports privés ou en commun jusqu’au chauffage des habitations et des lieux publics.
  6. Une réorganisation fondamentale du travail. Chaque matin, des centaines de milliers de maisons se vident pendant que les Québécois s’entassent dans des bureaux après de longues minutes sur des routes débordées. Chaque soir, c’est l’inverse. Le jour, on chauffe des maisons vides, et la nuit ce sont les tours à bureaux. On est en 2008 et le télétravail est possible pour une majorité de gens, étudiants et travailleurs! Qu’est-ce qu’on attend pour en faire un projet national?
  7. Une actualisation du système d’éducation fondée sur les défis du XXIe siècle. Obligatoire, gratuit (incluant l’université), laïc et exclusivement public, un tel système verrait à former la personne tant sur le plan des connaissances que des comportements. Au lieu de se confiner à un cursus scolaire encore calqué sur celui de la Rome de l’antiquité, ou de Charlemagne, on pourrait l’actualiser en y enseignant aussi la médecine et les autres sciences de la nature dès le primaire!

Bien sûr, nous sommes ici dans le domaine de l’utopie, mais les utopies sont essentielles à la mobilisation des collectivités car elles permettent le rêve et, plus encore, d’entrevoir sa possible réalité. Victor Hugo disait « L’utopie est la vérité de demain ». Pourquoi ne pas s’accaparer nous-mêmes de cette vérité avant que d’autres ne le fassent?

Posté par desautels à 10:42 - Culture, langue, médias et publicité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 juillet 2008

André Pratte VS "Fleur-de-Lys"

Dans son éditorial paru hier dans la Presse, André Pratte, éditorialiste en chef, ridiculisait une personne qui lui avait répondu dans un texte au français très approximatif, semblable à celui que pratiquent tristement des milliers d'élèves et d'étudiants au Québec. Cette inaptitude à s'exprimer correctement par écrit est certes déplorable et constitue un handicap important pour plusieurs. Mais au lieu de rire des handicapés, peut-être vaudrait-il mieux avoir l'intelligence de comprendre qu'ils ne sont que des victimes?
Avec un peu plus de courage, et en agissant moins en "colonisé", Pratte devrait viser plus haut, attaquer le virus plutôt que le malade: aucun des trois derniers premiers ministres du Canada (Chrétien, Martin, Harper) n'a su s'exprimer parfaitement en français! De tous les ministres fédéraux actuels, rares sont ceux qui parlent convenablement le français et plusieurs ne le parlent pas du tout!
Pas plus tard que hier, le ministre fédéral de la santé Tony Clement a fait une allocution pour présenter un programme d'étiquetage visant la prévention des allergies. La partie de son allocution soi-disant en français n'était rien d'autre qu'un charabia incompréhensible et insultant pour ce qui est sensé être une des deux langues officielles de ce pays!
Sur Internet, combien de sites officiels du gouvernement canadien, payés par nos taxes et créés par des fonctionnaires "compétents", massacrent notre langue de manière aussi inélégante que "Fleur-de-Lys"?
Combien de communiqués de presse, émanant tant de Québec que d'Ottawa, sont farcis de fautes?
Combien de journaux sont mal écrits et bourrés de fautes?
Tiens, justement, lundi, dans La Presse de monsieur Pratte, une petite chronique dans la section "Nécrologie" contenait plus de quinze fautes en vingt petites lignes étroites (voir annonce du décès YCOTEde Yvon Côté, La Presse, 22 juillet 2008).
Tout ça, Pratte n'en parle pas: ce n'est pas signé "Fleur-de-Lys".

Posté par desautels à 11:13 - Culture, langue, médias et publicité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 juillet 2008

Nationalisme honteux

Il devient de plus en plus gênant d'être nationaliste au Québec. Et on est carrément ostracisé quand on se dit indépendantiste. De toute évidence, les manigances du politique, du commerce et des médias pour "démoniser" les Québécois revendicateurs portent fruit.
On a même vu Pierre Curzi reculer devant la pression extrême de la pensée unique qui intoxique désormais la belle province! Pourtant, ses réserves quand à la venue d'un ex-Beatle à Québec étaient parfaitement justifiées (et cela n'a, bien sûr, rien à voir avec la personne de Paul MacCartney). Mais l'esprit "chambre de commerce" a eu le dessus et a réussi à niveler, vers le bas comme toujours, la culture et le devoir de mémoire.
Le pouvoir politique, le commerce et les médias n'ont que faire d'un Québec qui se souvient. Sauf de très rares exceptions, les journalistes les plus nuancés ont déclaré forfait, et les plus engagés ont pris des vacances qui tombaient juste à point. Il n'y a plus de  critique, pas davantage de confrontation, et même pas de dialogue. Juste un long monologue, de plus en plus sinistre, aux accents anglais ponctués de signes de piastre.
Aux plus vieux, ça doit certainement rappeler la fin des années cinquante. Quant aux plus jeunes, on s'est arrangé pour que ça ne leur rappelle rien.

UrbainMajeur.canalblog.com

Posté par desautels à 13:02 - Culture, langue, médias et publicité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 mai 2008

INCOMPÉTENCE ET IGNORANCE

Dans le Vieux-Montréal, rue St-Gabriel à l'angle de Notre-Dame, sur le mur ouest de l'édifice Ernest-Cormier, dans un des secteurs les plus fréquentés par les touristes et autres visiteurs voulant tâter de près la culture et l'histoire de la Nouvelle-France jusqu'à aujourd'hui, il y a une jolie plaque de bronze. Cette plaque, belle et coûteuse, est vissée dans la paroi de la bâtisse à près de trois mètres du sol, à l'abri des vandales et des voleurs. Elle porte la signature de la Commission des monuments historiques.

Sous les armoiries du Québec et sa devise "Je-Me-Souviens, on peut y lire ce qui suit: "Ici s'élevait la maison de Simon Fraser, agent de la Compagnie du Nord-Ouest en 1808, découvreur de la maison qui porte son nom en Colombie-Britannique (...)".


PLAQUE

(photo J. Desautels)

Cela fait quelques années que la plaque est là. Conçue et créée par une commission d'experts, fondue et fixée à la demande de ceux-ci, elle a été lue, relue, révisée, et approuvée par 10, 20 ou 30 soi-disant spécialistes de notre passé ...Et personne n'a remarqué l'erreur. Elle est pourtant là, aussi énorme qu'évidente. Et elle doit avoir fait sourire bien des visiteurs qui, guide touristique mieux documenté en main, on su voir la bourde. "...découvreur de la maison qui porte son nom... - Dis-donc, Irma, c'est un cottage ou un bungalow qu'il a découvert, l'explorateur?"

Simon Fraser, commerçant de fourrures, n'a jamais découvert de maison en Colombie-Britannique. Il a plutôt exploré le majestueux fleuve Fraser, qui coule sur 1400 km, depuis sa source près du mont Robson jusqu'au Pacifique près de Vancouver.

À force de vouloir occulter notre histoire, même nos experts finissent par l'oublier.


« Accueil  1  2   Page suivante »