UrbainMajeur

réflexions sur la vie contemporaine, l'urbanité, l'éthique et le politique

23 octobre 2009

Urgent! Stoppez les élections!

Dans les circonstances actuelles, tenir des élections municipales dans une semaine est une insulte à l’intelligence et une grave entorse à la démocratie. Les médias craquent littéralement sous les dénonciations et les allégations de toutes sortes. Il est impossible de ne pas penser que les élections municipales, dans leur forme actuelle, sont contrôlés par des intérêts qui échappent totalement à toute volonté populaire et quelles ne sont rien d’autre qu’un système mis sur pied dans le but de détourner les fonds publics vers des intérêts des plus suspects. Y participer, et même les autoriser, c’est donner l’impression de cautionner ce système.

Lise Payette a beau affirmer, dans Le Devoir de ce matin, que les scandales actuels démontrent l’importance d’aller voter. Voter ?! Mais pour qui? De toute évidence, notre réalité électorale ne permet même pas à un parti respectueux de la loi de se faire connaître et de publiciser son programme (voir Yves Boisvert, Cyberpresse.ca, 2009-10-22).  Mme Payette, en tant qu’ex-ministre, et malgré tout le respect qu’elle peut mériter, serait bien mieux de nous dire ce qu’elle connaît de ces tricheries, magouilles et fraudes qui avaient cours même à son époque plutôt que de nous donner des leçons de démocratie participative. Ainsi elle ferait réellement avancer les choses.

Il y a urgence. Il faut que la DGE et la Ministre des affaires municipales, à défaut du Premier Ministre, prennent leurs responsabilités et stoppent le processus actuellement en cours. Avant qu’il ne vienne valider pour encore quatre ans des équipes qui, en ce moment, n’ont plus aucune crédibilité. Il faut tout arrêter, puis obliger les administrations en place à s’en tenir à l’administration des choses quotidiennes qui n’engagent rien à long terme le temps. Pendant ce temps, on mettra sur pied une commission d’enquête et on attendra les résultats avant de prendre d’autres décisions.

Agir autrement, c’est se payer la tête des citoyens. Allons-nous réellement, le 1er novembre prochain, porter au pouvoir pour un autre terme à Montréal,  Laval, Boisbriand et ailleurs ces bouffons qui, selon toutes les apparences, et un peu plus, nous volent ouvertement? Si oui, attention au cynisme du lendemain de veille. Il pourrait avoir des conséquences bien plus tragiques que toutes celles que, dans les cercles du pouvoir, on cherche à éviter en ce moment. Le dépit et le dégoût, dans une démocratie qui n’en est plus une, mènent parfois à des comportements excessifs que quelques uns pourront juger appropriés. Et il sera difficile de les en blâmer.

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01 mai 2009

L'ÉTHIQUE? OÙ ÇA?

À Montréal, les cas de malversation pullulent. Au gouvernement provincial, ceux où l’éthique est galvaudée se multiplient. Au   fédéral, le gouvernement en place fait tout pour rendre l’accès à l’information difficile, les causes préjudiciables sont entendues à huis clos et tous les rapports des commissaires et vérificateurs dénoncent des situations qui ne sont jamais corrigées.  Pour le simple citoyen, force est de constater que nos gouvernements ont perdu tout sens moral et que le mot d’ordre des élus est de se cacher le plus possible pour se faire prendre le moins possible!

 

Et encore, on est en droit de se demander si cette avalanche de nouvelles à propos de conflits d’intérêt, de fraude supposée et d’irrégularités de toutes sortes n’est pas que la pointe de l’iceberg. Dans l’univers de la concentration des médias et des restructurations que cela entraîne, il y a tout lieu de penser que bien des journalistes doivent hésiter avant de lancer des nouvelles qui pourraient affecter les amis des patrons, que ce soit chez Gesca, Québécor, Transcontinental, Radio-Canada ou ailleurs : il ne faut tout de même pas s’attendre à ce que Paul Arcand (98,5 FM) dénonce les entorses à l’éthique commises par Jean Charest pour avantager son frère Pierre et l’entreprise qui l’engage!

 

Imaginons s’il fallait qu’on se penche sur certaines administrations municipales de banlieue, d’où sont absents les médias, ou sur des sociétés publiques ou parapubliques qui échappent souvent aux règles de transparence qui les régissent, aussi modestes soient-elles. Les apparences sont parfois trompeuses, mais il flotte actuellement sur le pays une tenace odeur de souffre qui pique les yeux et laisse un drôle d’arrière-goût. Et le citoyen n’y peut rien, sauf voter une fois aux quatre ans …pour qui au fait? Celui qui vient de nous escroquer? Où l’autre qui n’attend que sa victoire pour le faire?

 

Des syndicats qui copinent avec des motards, des ministres de la santé qui couchent avec les grandes entreprises privées, des femmes de faiseurs d’images à qui on offre des tribunes télévisées où elles viennent jurer que les clients de leur mari sont blancs comme neige, des ministres qui oublient des secrets d’état chez leur maîtresse, des patrons de société d’état parachutés au mépris de toutes les règles, d'autres qui quittent après avoir tout saccagé et qu’on récompense avec des bonus, des maires qui ne voient rien, ne savent rien, ne font rien, des politiciens qui acceptent des enveloppes brunes sans s’étonner, à Montréal ou à New-York… et des citoyens qui s’inquiètent, surtout du fait que ça ne semble inquiéter personne qui pourrait y voir!

 

N’est-il pas temps de mettre un terme à la complaisance? N’est-il pas le temps d’agir?

30 avril 2009

"COÏTUS INTERRUPTUS" ET GOUVERNANCE

…ou comment faire semblant de ne rien engendrer tout en ne se privant de rien!

Jadis, dans un Québec plus puritain où le clergé et la morale populaire voyaient d’un mauvais œil toute forme de contraception, on pratiquait le « coïtus interruptus ». On prétendait que le retrait de l’homme juste avant l’éjaculation empêchait ainsi toute fécondation. On sait très bien aujourd’hui que cette méthode, si elle permettait à l’homme de prendre son plaisir, était particulièrement frustrante pour la femme tout en ne protégeant aucunement des grossesses non désirées.

Nos mœurs sexuelles ont évolué, mais pas nécessairement celles de nos politiciens. Ils nous resservent donc la recette : en cas de risque de conflit d’intérêt, je me retire et hop! Le tour est joué : personne ne courre de risque! On discute du contrat que mon ministère va accorder à mon entreprise? Je me retire, et le risque de problème disparaît aussitôt! On parle du contrat que j’ai signé avec le copain qui m’amène en voyage sur son yacht? Je m’extirpe de la discussion au dernier moment, et tout redevient correct! Mes collègues députés débattent du prix à verser pour le terrain que le gouvernement va m’acheter pour un quelconque projet? Je m’extrais de la réunion et danger est écarté …coïtus interruptus!

Comme on a tenté de le nous le faire croire jadis, cette pratique est sensée tout régler. Mais comme son analogue sexuel, dans les faits elle ne règle rien tout en ouvrant la porte aux suites les plus fâcheuses. Allons-nous vraiment croire que c’est juste au moment précis où on aborde un sujet en réunion officielle que nos élus et les autres s’influencent mutuellement sur leurs intérêts respectifs? Serons-nous assez naïfs pour imaginer que les tractations et les collusions se décident uniquement au dernier moment, lors des rencontres qui ne servent habituellement qu’à officialiser ce qui a été convenu d’avance? L’apparence de prudence dont veulent actuellement faire preuve nos gouvernements, pour éviter les conflits d’intérêts et se mettre à l’abri des fraudes et de la corruption, ne peut donner qu’une apparence de résultats. Dans les faits, tout comme le coïtus interruptus de jadis, il ne sert qu’à tromper et masquer une situation où ceux qui le souhaitent en profitent à plein tout en se lavant les mains des conséquences.

03 mars 2009

DU TASER À L’AFGHANISTAN : LA PSYCHOSE

Pendant que la commission Braidwood enquête sur la mort du ressortissant polonais Dziekanski décédé sous les Tasers des policiers de la GRC en octobre 2007, Stephen Harper admet enfin ce qui était une évidence pour plusieurs depuis longtemps : l’armée n’arrivera pas à vaincre les Talibans en Afghanistan. Bavures policières et échecs militaires se multiplient depuis le 11 septembre.

 

Les gouvernements les plus conservateurs d’Occident ont opté pour une ligne dure qui s’est concrétisée par des interventions plus musclées, tant sur la scène internationale que sur le plan de la sécurité intérieure. Ces actions ont mené à des résultats désastreux pour nos démocraties : jamais les peuples du monde n’ont été aussi hostiles aux Occidentaux, jamais (sauf, peut-être, sous le gouvernement de Vichy en France pendant la seconde guerre mondiale) les actions policières intérieures n’ont été aussi dommageables aux populations civiles, et jamais les libertés individuelles n’ont été aussi menacées qu’en ce moment.

 

Nos guerres préventives ou soi-disant punitives (en Irak, en Afghanistan) aussi sordides qu’illégitimes, ont mené aux pires exactions contre des populations civiles innocentes. Les dommages « collatéraux » de ces guerres mal pensées et mal menées qui ont enlevé la vie à des milliers d’innocents ont contribué à allumer puis à attiser la haine de l’Occident.

 

La psychose qui s’est emparée de nos dirigeants a été grandement alimentée par les fabricants et vendeurs d’armes en tout genre, stimulée par des médias jouant sur les titres à sensation pour attirer lecteurs, auditeurs et spectateurs, puis encouragée par des forces de l’ordre qui sautent sur toutes les occasions de s’octroyer plus de pouvoir et qui penchent toujours très facilement vers ce qui permet plus de répression.

 

Les dérapages n’ont pas tardé. Des lois plus répressive, respectant plus ou moins les constitutions, ont été édictées (le « Patriot Act » des États-Unis en est un bel exemple), des armes « plus performantes » ont été distribuées (le Taser), et des actes que tous décriaient jadis comme barbares furent tolérés (écoute électronique, interception de courrier, emprisonnement d’enfants, emprisonnement sans accusation ni procès, avilissement et torture de prisonniers, détention dans des prisons secrètes, etc.).

 

Au nom de cette psychose, on a érigé le « profilage racial » en modus operandi des polices nationales et frontalières, on a créé des listes d’ « interdits de vol », on a renforcé les frontières, on a persécuté des centaines d’innocents, …et on n’a trouvé à peu près aucun coupable! De dangereux drones sillonnent désormais le ciel entre le Canada et les Etats-Unis et, comme les gardes-frontières maintenant armés jusqu’aux dents, sont autant de bombes en puissance qui ne tarderont pas à faire leur lot de victimes innocentes, comme Dziekanski le devint entre les mains de policiers de la GRC un peu paranoïaques  armés d’ « inoffensifs » pistolets Taser.

 

Les grandes victimes des attitudes pathologiques de nos gouvernements névrotiques et psychotiques sont d’abord la vérité, puis la liberté. Ces valeurs auxquelles les révolutions du XVIIIe siècle nous avaient permis d’aspirer se sont vaporisées et donnent maintenant lieu à la pire crise de confiance que le monde occidental ait connu depuis des siècles. Une crise qui, étant donné l’influence que l’Occident avait acquise, fait trembler toutes les institutions de la planète, et qui en détruira même une grande partie. C’est là une menace bien plus réelle et bien plus importante que celle à laquelle on a voulu nous faire croire au lendemain du 11 septembre 2001. Une menace contre laquelle ni nos gouvernants, ni nos armées, ni nos policiers, ne peuvent rien puisqu’ils en sont la cause! On peut toutefois comprendre l’effrayante perspective des événements à venir quand on songe à ce qu’il faudra faire pour résoudre ce problème!

 

27 février 2009

IRAK: UNE AUTRE DÉFAITE

Les États-Unis annoncent un retrait de près des deux tiers de leurs troupes d'Irak d'ici août 2010. C'est sans doute la fin d'un autre conflit inachevé d'où la superpuissance américaine sort globalement perdante, comme jadis au Viet-Nam. Vrai, on a libéré le monde d'un dictateur sanguinaire, mais à quel prix? Sans compter les soldats, un nombre incroyable de civils y auront perdu la vie.

 

D'autres mourront encore longtemps des conséquences de cette guerre, bien après le départ du dernier soldat, à cause de la destruction des réseaux d'eaux et d'énergie, du système de santé, de l'empoisonnement du sol et de l'air par la radioactivité du matériel et des armes utilisées, et par les mines et les obus qui criblent littéralement le territoire.

 

Au delà d'une civilsation qu'on a fait reculer d'au moins un siècle sur le plan de son développement, les pertes pour l'humanité toute entière sont grandes. Des institutions muséales d'une valeur inestimable ont été pillées, des milliers de trésors archéologique remontant à la lointaine Mésopotamie sont disparus et des oeuvres d'une grande valeur artistique ou architecturale ont été détruites ou spoliées.

 

Cette guerre de six ans se sera soldée par un autre bilan très négatif, comme dans la plupart des conflits que les États-Unis initient depuis un demi-siècle.

 

Bien sûr, le bilan n'est pas négatif pour tous. De grandes multinationales comme Halliburton (liée de près à l'ex vice-président Dick Cheney et à la conseillère Condoleeza Rice) ou Kellog Brown & Roots en ont retiré des milliards de dollars! D'autres pétrolières comme Exxon ou Total (propriété partielle de Power Corporation du milliardaire canadien Paul Desmarais) ont aussi bien su profiter de la manne.

 

Tirerons-nous collectivement une leçon de cette histoire? Ou prolongerons-nous encore longtemps ces soi-disant missions de paix ou de "reconstruction", comme actuellement en Afghanistan, pour nous rendre compte dans trois, cinq ou dix ans, que nous n'avons rien fait là d'autre que  de nous appauvrir collectivement en enrichissant quelques grandes entreprises qui profitent de la présence militaire occidentale pour mieux dérober les trésors nationaux de pays auxquels ils n'ont autrement pas accès? Et de ce fait nourrir l'argumentaire des extrémistes que nous ne savons combattre qu'en payant de nos propres libertés?




26 février 2009

AU CANADA, IL SERA INTERDIT DE FUSILLER PAR INSOUCIANCE!

Le gouvernement du Canada, sans doute possédé par le fantôme de George Bush, veut créer une nouvelle catégorie de crime: les fusillades par insouciance. Et ce sera un crime d'autant plus grave qu'il sera commis avec une arme prohibée.
Que les assassins se le tiennent pour dit: ils doivent se soucier de qui ils tuent et, autant que possible, le faire avec une arme réglementaire! Autrement, attention à la loi! Décidément, le gouvernement Harper tente de repousser encore plus loin les limites de la bêtise!
Voir la nouvelle sur le site de Radio-Canada.



25 février 2009

PIRE CRIME CONTRE L'HUMANITÉ


Trahir le peuple

De tous les crimes que peut commettre un(e) élu(e), le plus grave est sans nul doute celui de trahir la confiance de ses électeurs. La crise que vit actuellement la planète est l’exemple des conséquences de ces trahisons. Les mensonges auxquels nous ont habitués les dirigeants des États ont ébranlé de manière durable la confiance des citoyens qui ne croient plus en la probité leurs dirigeants et, par associations, aux remèdes qu’ils proposent pour guérir les maux dont souffre le Monde.

On n’a qu’à regarder les gouvernements en place essayer tous les moyens pour relancer les économies moribondes et stimuler les marchés, plus rien n’y fait. Les consommateurs, les investisseurs, les contribuables, les citoyens ne leur font plus confiance. Les mensonges, petits et gros, auxquels ils nous ont impunément habitués, ont miné le système de l’intérieur et affaibli irrémédiablement d’admirables institutions que les nations ont mis des siècles à construire, souvent au prix de leur sang.

C’est sans remord que ces personnages immoraux, fourbes et vils, ces êtres essentiellement intéressés et opportunistes, avides de pouvoir, de gloriole et de bénéfices en tous genres, prétendent être des « représentants » de ceux qui les ont élus, généralement faute d’autre choix, et affirment parler au nom des peuples qu’ils disent représenter, quand ce n’est pas au nom d’un dieu, sans aucune autre légitimité que celle que leur donne, par défaut, des lois qu’eux ou leurs amis ont manipulées à leur avantage.

Derrière eux, ils laissent mépris, désabusement et cynisme. Ces sentiments ne sont pas ressentis qu’envers ces traîtres coupables. Par association, ce sont toutes les institutions qu’ils côtoient, fréquentent et dirigent qui finissent par être ainsi perçues. Leur malhonnêteté contamine la perception que l’homme se fait des institutions qu’il a lui-même créées. C’est le pire des maux, la plus abjecte des félonies.

 

Que faire?

La seule mesure possible face à ces criminels, c’est l’action répressive, forte et exemplaire. Les peuples doivent se doter de tribunaux libres, aptes à accuser, à juger puis à condamner ces personnes. Il faut y traduire manu militari celles qui déclarent la guerre sous de faux prétextes, celle qui jurent que tout va bien, pour protéger leur intérêt ou celui de tiers, quand elles savent que tout va mal, celles qui cachent et dissimulent pour mieux camoufler des gestes que le citoyen trouverait répréhensible, celles qui trompent sciemment, celles qui magouillent pour mieux engraisser l’ami ou l’associé, ou en retour de gains personnels éventuels, celles qui entravent le droit de savoir, au nom du secret d’état, militaire, commercial ou d’alcôve. Le moindre mensonge, la moindre fourberie de la part de celui ou de celle qui a prétendu mériter la confiance des autres, doit être puni sans appel.

Ces gens qui, souvent sous des dehors d’une grande élégance, ne respectent rien ni personne, qui en envoient d’autres à la mort ou, encore, les condamnent à la misère, n’ont peu de droits. Qu’on les accuse, qu’ils se défendent, puis qu’on les sanctionne à la mesure de la gravité de ce qu’ils ont vraiment fait, ne perdant jamais de vue que leur crime, des plus ignobles, s’attaque à la civilisation elle-même, à son passé, à son présent et à son avenir.

L’exil forcé, hors de la société et de ses bénéfices, est sans doute ce qui convient le mieux à ces misanthropes. Puis, une fois leurs actes expiés, leur réhabilitation partielle sera peut-être possible avec, comme seule limite, l’interdiction à tout jamais d’exercer quelque fonction demandant qu’on leur fasse confiance.

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27 janvier 2009

LA TENTATION POLICIÈRE

Dans la foulée du 11 septembre 2001, les polices du monde ont vu s'accroître leur pouvoir. Et elles y ont pris goût. À Montréal, les policiers, dans une offensive contre la liberté d'expression, réclament actuellement deux nouveaux règlements : un pour interdire de porter une cagoule ou un masque lors des manifestations, et un autre pour pouvoir émettre une contravention aux individus qui insultent et injurient les policiers.
Mais à quoi pourraient bien servir ces règlements à part légitimer une volonté de répression actuellement injustifiable? On se cache le visage lors de manifestations pour justement éviter que des policiers ou d'autres individus aux intentions plus ou moins inquiétantes n'enregistrent notre présence et s'en servent ensuite, de manière parfaitement illégitime, pour faire du profilage, développer des suspicions par association et intervenir sur simple présomption! L'usage des caméras de surveillance, intrusion aussi illégitime qu'inefficace dans la vie privée des gens, a déjà fait la preuve que des policiers pouvaient aisément et dangereusement déraper dans ce domaine! Qu'un honnête citoyen manifeste le visage couvert peut habituellement s'expliquer par plein de motifs parfaitement légaux. Dans ce contexte, les policiers n'ont pas à intervenir tant qu'un geste criminel n'a pas été posé.
Quant aux injures et insultes aux policiers, il existe, pour eux comme pour tous les citoyens, des lois qui protègent des agressions verbales, du harcèlement, et des autres abus du genre. Seraient-ce que les policiers souhaitent simplement dégainer plus vite que la loi? Et de quel droit?
La meilleure manière de prévenir insultes et injures, c'est de se comporter de manière à ne pas les provoquer. Les attitudes parfois très cavalières de certains policiers ne sont pas étrangères au comportement des gens.
Tutoiement intempestif, langage abusif et souvent vulgaire, mépris du code de la route en situtation non urgente et privièges indus sont autant de gestes répréhensibles qui provoquent frustrations et parfois mépris de la part de la population. Peut-être faudrait-il traiter la cause avant de s'attaquer au citoyen? Et pour les cas vraiment abusifs, appliquons les lois qui existent.
Et en terminant, les corps policiers vont-ils finir par se plier à la directive du ministre pour ce qui est de l'inspection des pistolets Taser? Ou continuer à se moquer ainsi des directives du gouvernement et, partant, de la population?

08 janvier 2009

LA CRISE ÉCONOMIQUE EXPLIQUÉE AUX NULS (3)

Plusieurs indicateurs portent à croire que l'un des facteurs à l'origine de la situation économique actuelle serait l'activité criminelle. Est-ce le facteur déterminant? L'histoire, seule, saura éventuellement nous le dire. Chaque jour qui passe ajoute toutefois d'autres informations et d'autres indices qui laissent de plus en plus croire que la criminalité de toute nature joue un rôle très important dans les bouleversements économiques que nous connaissons. Voici quelques exemples récents:

  • Banque Bear Stearn - L'effondrement des cours de cette banque, pourtant convenablement capitalisée, suivi de sa vente à rabais, semble de plus en plus attribuable à une opération spéculative malveillante (on a semé de fausses rumeurs, appuyées par des intervenants tant du monde de la finance que des médias spécialisés pour faire peur aux investisseurs et faire tomber les cours).
  • Fanny May - Freddy Mac - Lehman Brothers - AIG - Ces importantes institutions financières américaines, au premier rang de la crise des "subprimes", font l'objet d'enquêtes du F.B.I. pour fraude. On soupçonne des activités criminelles institutionnalisées au plus haut niveau.
  • L'affaire Maddof - Cette structure pyramidale de type "Ponzi" aurait été florissante pendant près de 40 ans, engloutissant pas moins de 50 milliards $ des investisseurs. Pour certains, cette incroyable longévité ne peut s'expliquer que par l'apport d'argent neuf dans le cadre d'une gigantesque opération de blanchiment.

Ce ne sont là que les éléments les plus visibles de ce cancer qui ronge notre système économique. L'ONU évalue entre 800 et 2000 milliards de dollars les sommes d'argent blanchies annuellement, soit de 2 à 5% du produit mondial brut. Cet argent est très généralement réinvesti dans l'économie légale qui, de ce fait, appartient de plus en plus aux groupes criminalisés dont les valeurs morales et l'éthique ne changent pas pour autant. Le pouvoir que donnent ces moyens astronomiques sert ensuite à influencer à l'avantage des intérêts criminels tous les acteurs déterminants de notre société: politiciens, banques, grandes entreprises, polices, armées, rien n'est à l'abri.

Notre société est mal protégée contre ce type de criminalité. Et quand on voit à qui le crime profite, on comprend que les états ont du mal à rapidement voter des lois et à adopter des règlements pour se prémunir contre ce fléau. Quelques politiciens, aussitôt qualifiés de go-gauchisants et d'idéalistes, font parfois entendre leur voix, mais une foule d'autres, plus ou moins avantagés par ce système, les forcent complaisamment à se taire.

Les policiers sont mal outillés, tant en personnel qu'en ressources diverses, pour agir efficacement. S'ils savent comment intervenir lorsqu'un petit malfaiteur tente de frauder un marchand avec un faux billet, ou en tentant de dérober quelques produits, ils sont autrement plus empêtrés face à un marchand qui fraude le client avec des prix trompeurs, de la publicité mensongère, des pratiques de crédit illégales, ou même de faux produits. La procédure, si même elle est amorcée, ce qui est peu probable, devient alors très lourde, très lente et, sauf dans de très rares cas, n'aboutira jamais. Que dire alors quand le crime devient transnational, quand les enjeux sont mondiaux, quand le politique, aux plus hauts niveaux, y est mêlé et quand la volonté de ceux qui dirigent les états de faire toute la lumière sur les faits est, somme toute, assez modérée?

08 décembre 2008

AUJOURD'HUI, JE M'ABSTIENS

Voter est un geste important. Il signifie que nous sommes d’accord avec la plus grande part de ce que propose la personne ou le parti à qui va notre vote. C’est le geste fondateur de la démocratie, et sans nul doute le plus significatif que peut poser l’électeur.

 

C’est pourquoi, aujourd’hui, jour d'élection au Québec, je m’abstiens.

 

Parce que je ne veux pas voter pour un parti qui ne propose rien d’autre que de faire de la gestion à la petite semaine, d’être un « bon gouvernement! ».

 

Parce que je ne ceux pas voter pour des partis qui n’ont aucun véritable projet de pays, ou même de nation.

 

Parce que je refuse de voter pour des gens qui aiment mieux « diviser pour régner », plutôt que pour des gens rassembleurs qui veulent s’unir pour construire.

 

Parce que je ne veux pas élire des gens qui ne souhaitent manifestement pas modifier le type de scrutin afin que la population soit démocratiquement représentée en fonction de son vote.

 

Parce que l’annulation du vote, dans notre système électoral, n’est pas comptabilisée, justement pour éviter que le vote protestataire ne se manifeste.

 

Parce que l’abstention est la seule manière officielle d’éviter de cautionner une farce sociopolitique qui tourne de plus en plus au drame.

 

Et qu’on ne vienne pas raconter que l’abstention enlève le droit de se plaindre et de critiquer! C’est tout le contraire. Elle permet justement de crier plus fort et plus efficacement pour que ces gens, qui souhaitent obtenir notre votre, proposent enfin quelque chose qui le mérite. C’est simple, démocratique, et honnête. Je paie des taxes et des impôts, je respecte les lois, j’ai tous les droits. Y compris celui de ne pas voter pour des gens, individuellement ou collectivement réunis en parti, dont la fourberie, l’intéressement, l’incompétence ou la démagogie sont trop évidents. Moi, ce soir, j’aurai les mains libres et le cœur en paix : je pourrai dire que je n’ai cautionné d’aucune manière ce gouvernement décevant.

 

 

 

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