01 mai 2009
L'ÉTHIQUE? OÙ ÇA?
À Montréal, les cas de malversation pullulent. Au gouvernement provincial, ceux où l’éthique est galvaudée se multiplient. Au fédéral, le gouvernement en place fait tout pour rendre l’accès à l’information difficile, les causes préjudiciables sont entendues à huis clos et tous les rapports des commissaires et vérificateurs dénoncent des situations qui ne sont jamais corrigées. Pour le simple citoyen, force est de constater que nos gouvernements ont perdu tout sens moral et que le mot d’ordre des élus est de se cacher le plus possible pour se faire prendre le moins possible!
Et encore, on est en droit de se demander si cette avalanche de nouvelles à propos de conflits d’intérêt, de fraude supposée et d’irrégularités de toutes sortes n’est pas que la pointe de l’iceberg. Dans l’univers de la concentration des médias et des restructurations que cela entraîne, il y a tout lieu de penser que bien des journalistes doivent hésiter avant de lancer des nouvelles qui pourraient affecter les amis des patrons, que ce soit chez Gesca, Québécor, Transcontinental, Radio-Canada ou ailleurs : il ne faut tout de même pas s’attendre à ce que Paul Arcand (98,5 FM) dénonce les entorses à l’éthique commises par Jean Charest pour avantager son frère Pierre et l’entreprise qui l’engage!
Imaginons s’il fallait qu’on se penche sur certaines administrations municipales de banlieue, d’où sont absents les médias, ou sur des sociétés publiques ou parapubliques qui échappent souvent aux règles de transparence qui les régissent, aussi modestes soient-elles. Les apparences sont parfois trompeuses, mais il flotte actuellement sur le pays une tenace odeur de souffre qui pique les yeux et laisse un drôle d’arrière-goût. Et le citoyen n’y peut rien, sauf voter une fois aux quatre ans …pour qui au fait? Celui qui vient de nous escroquer? Où l’autre qui n’attend que sa victoire pour le faire?
Des syndicats qui copinent avec des motards, des ministres de la santé qui couchent avec les grandes entreprises privées, des femmes de faiseurs d’images à qui on offre des tribunes télévisées où elles viennent jurer que les clients de leur mari sont blancs comme neige, des ministres qui oublient des secrets d’état chez leur maîtresse, des patrons de société d’état parachutés au mépris de toutes les règles, d'autres qui quittent après avoir tout saccagé et qu’on récompense avec des bonus, des maires qui ne voient rien, ne savent rien, ne font rien, des politiciens qui acceptent des enveloppes brunes sans s’étonner, à Montréal ou à New-York… et des citoyens qui s’inquiètent, surtout du fait que ça ne semble inquiéter personne qui pourrait y voir!
N’est-il pas temps de mettre un terme à la complaisance? N’est-il pas le temps d’agir?
30 avril 2009
"COÏTUS INTERRUPTUS" ET GOUVERNANCE
…ou comment faire semblant de ne rien engendrer tout en ne se privant de rien!
Jadis, dans un Québec plus puritain où le clergé et la morale populaire voyaient d’un mauvais œil toute forme de contraception, on pratiquait le « coïtus interruptus ». On prétendait que le retrait de l’homme juste avant l’éjaculation empêchait ainsi toute fécondation. On sait très bien aujourd’hui que cette méthode, si elle permettait à l’homme de prendre son plaisir, était particulièrement frustrante pour la femme tout en ne protégeant aucunement des grossesses non désirées.
Nos mœurs sexuelles ont évolué, mais pas nécessairement celles de nos politiciens. Ils nous resservent donc la recette : en cas de risque de conflit d’intérêt, je me retire et hop! Le tour est joué : personne ne courre de risque! On discute du contrat que mon ministère va accorder à mon entreprise? Je me retire, et le risque de problème disparaît aussitôt! On parle du contrat que j’ai signé avec le copain qui m’amène en voyage sur son yacht? Je m’extirpe de la discussion au dernier moment, et tout redevient correct! Mes collègues députés débattent du prix à verser pour le terrain que le gouvernement va m’acheter pour un quelconque projet? Je m’extrais de la réunion et danger est écarté …coïtus interruptus!
Comme on a tenté de le nous le faire croire jadis, cette pratique est sensée tout régler. Mais comme son analogue sexuel, dans les faits elle ne règle rien tout en ouvrant la porte aux suites les plus fâcheuses. Allons-nous vraiment croire que c’est juste au moment précis où on aborde un sujet en réunion officielle que nos élus et les autres s’influencent mutuellement sur leurs intérêts respectifs? Serons-nous assez naïfs pour imaginer que les tractations et les collusions se décident uniquement au dernier moment, lors des rencontres qui ne servent habituellement qu’à officialiser ce qui a été convenu d’avance? L’apparence de prudence dont veulent actuellement faire preuve nos gouvernements, pour éviter les conflits d’intérêts et se mettre à l’abri des fraudes et de la corruption, ne peut donner qu’une apparence de résultats. Dans les faits, tout comme le coïtus interruptus de jadis, il ne sert qu’à tromper et masquer une situation où ceux qui le souhaitent en profitent à plein tout en se lavant les mains des conséquences.
26 février 2009
AU CANADA, IL SERA INTERDIT DE FUSILLER PAR INSOUCIANCE!
Le gouvernement du Canada, sans doute possédé par le fantôme de George Bush, veut créer une nouvelle catégorie de crime: les fusillades par insouciance. Et ce sera un crime d'autant plus grave qu'il sera commis avec une arme prohibée.
Que les assassins se le tiennent pour dit: ils doivent se soucier de qui ils tuent et, autant que possible, le faire avec une arme réglementaire! Autrement, attention à la loi! Décidément, le gouvernement Harper tente de repousser encore plus loin les limites de la bêtise!
Voir la nouvelle sur le site de Radio-Canada.