23 octobre 2009
Urgent! Stoppez les élections!
Dans les circonstances actuelles, tenir des élections municipales dans une semaine est une insulte à l’intelligence et une grave entorse à la démocratie. Les médias craquent littéralement sous les dénonciations et les allégations de toutes sortes. Il est impossible de ne pas penser que les élections municipales, dans leur forme actuelle, sont contrôlés par des intérêts qui échappent totalement à toute volonté populaire et quelles ne sont rien d’autre qu’un système mis sur pied dans le but de détourner les fonds publics vers des intérêts des plus suspects. Y participer, et même les autoriser, c’est donner l’impression de cautionner ce système.
Lise Payette a beau affirmer, dans Le Devoir de ce matin, que les scandales actuels démontrent l’importance d’aller voter. Voter ?! Mais pour qui? De toute évidence, notre réalité électorale ne permet même pas à un parti respectueux de la loi de se faire connaître et de publiciser son programme (voir Yves Boisvert, Cyberpresse.ca, 2009-10-22). Mme Payette, en tant qu’ex-ministre, et malgré tout le respect qu’elle peut mériter, serait bien mieux de nous dire ce qu’elle connaît de ces tricheries, magouilles et fraudes qui avaient cours même à son époque plutôt que de nous donner des leçons de démocratie participative. Ainsi elle ferait réellement avancer les choses.
Il y a urgence. Il faut que la DGE et la Ministre des affaires municipales, à défaut du Premier Ministre, prennent leurs responsabilités et stoppent le processus actuellement en cours. Avant qu’il ne vienne valider pour encore quatre ans des équipes qui, en ce moment, n’ont plus aucune crédibilité. Il faut tout arrêter, puis obliger les administrations en place à s’en tenir à l’administration des choses quotidiennes qui n’engagent rien à long terme le temps. Pendant ce temps, on mettra sur pied une commission d’enquête et on attendra les résultats avant de prendre d’autres décisions.
Agir autrement, c’est se payer la tête des citoyens. Allons-nous réellement, le 1er novembre prochain, porter au pouvoir pour un autre terme à Montréal, Laval, Boisbriand et ailleurs ces bouffons qui, selon toutes les apparences, et un peu plus, nous volent ouvertement? Si oui, attention au cynisme du lendemain de veille. Il pourrait avoir des conséquences bien plus tragiques que toutes celles que, dans les cercles du pouvoir, on cherche à éviter en ce moment. Le dépit et le dégoût, dans une démocratie qui n’en est plus une, mènent parfois à des comportements excessifs que quelques uns pourront juger appropriés. Et il sera difficile de les en blâmer.
01 mai 2009
L'ÉTHIQUE? OÙ ÇA?
À Montréal, les cas de malversation pullulent. Au gouvernement provincial, ceux où l’éthique est galvaudée se multiplient. Au fédéral, le gouvernement en place fait tout pour rendre l’accès à l’information difficile, les causes préjudiciables sont entendues à huis clos et tous les rapports des commissaires et vérificateurs dénoncent des situations qui ne sont jamais corrigées. Pour le simple citoyen, force est de constater que nos gouvernements ont perdu tout sens moral et que le mot d’ordre des élus est de se cacher le plus possible pour se faire prendre le moins possible!
Et encore, on est en droit de se demander si cette avalanche de nouvelles à propos de conflits d’intérêt, de fraude supposée et d’irrégularités de toutes sortes n’est pas que la pointe de l’iceberg. Dans l’univers de la concentration des médias et des restructurations que cela entraîne, il y a tout lieu de penser que bien des journalistes doivent hésiter avant de lancer des nouvelles qui pourraient affecter les amis des patrons, que ce soit chez Gesca, Québécor, Transcontinental, Radio-Canada ou ailleurs : il ne faut tout de même pas s’attendre à ce que Paul Arcand (98,5 FM) dénonce les entorses à l’éthique commises par Jean Charest pour avantager son frère Pierre et l’entreprise qui l’engage!
Imaginons s’il fallait qu’on se penche sur certaines administrations municipales de banlieue, d’où sont absents les médias, ou sur des sociétés publiques ou parapubliques qui échappent souvent aux règles de transparence qui les régissent, aussi modestes soient-elles. Les apparences sont parfois trompeuses, mais il flotte actuellement sur le pays une tenace odeur de souffre qui pique les yeux et laisse un drôle d’arrière-goût. Et le citoyen n’y peut rien, sauf voter une fois aux quatre ans …pour qui au fait? Celui qui vient de nous escroquer? Où l’autre qui n’attend que sa victoire pour le faire?
Des syndicats qui copinent avec des motards, des ministres de la santé qui couchent avec les grandes entreprises privées, des femmes de faiseurs d’images à qui on offre des tribunes télévisées où elles viennent jurer que les clients de leur mari sont blancs comme neige, des ministres qui oublient des secrets d’état chez leur maîtresse, des patrons de société d’état parachutés au mépris de toutes les règles, d'autres qui quittent après avoir tout saccagé et qu’on récompense avec des bonus, des maires qui ne voient rien, ne savent rien, ne font rien, des politiciens qui acceptent des enveloppes brunes sans s’étonner, à Montréal ou à New-York… et des citoyens qui s’inquiètent, surtout du fait que ça ne semble inquiéter personne qui pourrait y voir!
N’est-il pas temps de mettre un terme à la complaisance? N’est-il pas le temps d’agir?
30 avril 2009
"COÏTUS INTERRUPTUS" ET GOUVERNANCE
…ou comment faire semblant de ne rien engendrer tout en ne se privant de rien!
Jadis, dans un Québec plus puritain où le clergé et la morale populaire voyaient d’un mauvais œil toute forme de contraception, on pratiquait le « coïtus interruptus ». On prétendait que le retrait de l’homme juste avant l’éjaculation empêchait ainsi toute fécondation. On sait très bien aujourd’hui que cette méthode, si elle permettait à l’homme de prendre son plaisir, était particulièrement frustrante pour la femme tout en ne protégeant aucunement des grossesses non désirées.
Nos mœurs sexuelles ont évolué, mais pas nécessairement celles de nos politiciens. Ils nous resservent donc la recette : en cas de risque de conflit d’intérêt, je me retire et hop! Le tour est joué : personne ne courre de risque! On discute du contrat que mon ministère va accorder à mon entreprise? Je me retire, et le risque de problème disparaît aussitôt! On parle du contrat que j’ai signé avec le copain qui m’amène en voyage sur son yacht? Je m’extirpe de la discussion au dernier moment, et tout redevient correct! Mes collègues députés débattent du prix à verser pour le terrain que le gouvernement va m’acheter pour un quelconque projet? Je m’extrais de la réunion et danger est écarté …coïtus interruptus!
Comme on a tenté de le nous le faire croire jadis, cette pratique est sensée tout régler. Mais comme son analogue sexuel, dans les faits elle ne règle rien tout en ouvrant la porte aux suites les plus fâcheuses. Allons-nous vraiment croire que c’est juste au moment précis où on aborde un sujet en réunion officielle que nos élus et les autres s’influencent mutuellement sur leurs intérêts respectifs? Serons-nous assez naïfs pour imaginer que les tractations et les collusions se décident uniquement au dernier moment, lors des rencontres qui ne servent habituellement qu’à officialiser ce qui a été convenu d’avance? L’apparence de prudence dont veulent actuellement faire preuve nos gouvernements, pour éviter les conflits d’intérêts et se mettre à l’abri des fraudes et de la corruption, ne peut donner qu’une apparence de résultats. Dans les faits, tout comme le coïtus interruptus de jadis, il ne sert qu’à tromper et masquer une situation où ceux qui le souhaitent en profitent à plein tout en se lavant les mains des conséquences.
03 mars 2009
DU TASER À L’AFGHANISTAN : LA PSYCHOSE
Pendant que la commission Braidwood enquête sur la mort du ressortissant polonais Dziekanski décédé sous les Tasers des policiers de la GRC en octobre 2007, Stephen Harper admet enfin ce qui était une évidence pour plusieurs depuis longtemps : l’armée n’arrivera pas à vaincre les Talibans en Afghanistan. Bavures policières et échecs militaires se multiplient depuis le 11 septembre.
Les gouvernements les plus conservateurs d’Occident ont opté pour une ligne dure qui s’est concrétisée par des interventions plus musclées, tant sur la scène internationale que sur le plan de la sécurité intérieure. Ces actions ont mené à des résultats désastreux pour nos démocraties : jamais les peuples du monde n’ont été aussi hostiles aux Occidentaux, jamais (sauf, peut-être, sous le gouvernement de Vichy en France pendant la seconde guerre mondiale) les actions policières intérieures n’ont été aussi dommageables aux populations civiles, et jamais les libertés individuelles n’ont été aussi menacées qu’en ce moment.
Nos guerres préventives ou soi-disant punitives (en Irak, en Afghanistan) aussi sordides qu’illégitimes, ont mené aux pires exactions contre des populations civiles innocentes. Les dommages « collatéraux » de ces guerres mal pensées et mal menées qui ont enlevé la vie à des milliers d’innocents ont contribué à allumer puis à attiser la haine de l’Occident.
La psychose qui s’est emparée de nos dirigeants a été grandement alimentée par les fabricants et vendeurs d’armes en tout genre, stimulée par des médias jouant sur les titres à sensation pour attirer lecteurs, auditeurs et spectateurs, puis encouragée par des forces de l’ordre qui sautent sur toutes les occasions de s’octroyer plus de pouvoir et qui penchent toujours très facilement vers ce qui permet plus de répression.
Les dérapages n’ont pas tardé. Des lois plus répressive, respectant plus ou moins les constitutions, ont été édictées (le « Patriot Act » des États-Unis en est un bel exemple), des armes « plus performantes » ont été distribuées (le Taser), et des actes que tous décriaient jadis comme barbares furent tolérés (écoute électronique, interception de courrier, emprisonnement d’enfants, emprisonnement sans accusation ni procès, avilissement et torture de prisonniers, détention dans des prisons secrètes, etc.).
Au nom de cette psychose, on a érigé le « profilage racial » en modus operandi des polices nationales et frontalières, on a créé des listes d’ « interdits de vol », on a renforcé les frontières, on a persécuté des centaines d’innocents, …et on n’a trouvé à peu près aucun coupable! De dangereux drones sillonnent désormais le ciel entre le Canada et les Etats-Unis et, comme les gardes-frontières maintenant armés jusqu’aux dents, sont autant de bombes en puissance qui ne tarderont pas à faire leur lot de victimes innocentes, comme Dziekanski le devint entre les mains de policiers de la GRC un peu paranoïaques armés d’ « inoffensifs » pistolets Taser.
Les grandes victimes des attitudes pathologiques de nos
gouvernements névrotiques et psychotiques sont d’abord la vérité, puis la
liberté. Ces valeurs auxquelles les révolutions du XVIIIe siècle nous avaient
permis d’aspirer se sont vaporisées et donnent maintenant lieu à la pire crise
de confiance que le monde occidental ait connu depuis des siècles. Une crise
qui, étant donné l’influence que l’Occident avait acquise, fait trembler toutes
les institutions de la planète, et qui en détruira même une grande partie. C’est
là une menace bien plus réelle et bien plus importante que celle à laquelle on a
voulu nous faire croire au lendemain du 11 septembre 2001. Une menace contre laquelle
ni nos gouvernants, ni nos armées, ni nos policiers, ne peuvent rien puisqu’ils
en sont la cause! On peut toutefois comprendre l’effrayante perspective des
événements à venir quand on songe à ce qu’il faudra faire pour résoudre ce
problème!
27 février 2009
IRAK: UNE AUTRE DÉFAITE
Les États-Unis annoncent un retrait de près des deux tiers de leurs troupes d'Irak d'ici août 2010. C'est sans doute la fin d'un autre conflit inachevé d'où la superpuissance américaine sort globalement perdante, comme jadis au Viet-Nam. Vrai, on a libéré le monde d'un dictateur sanguinaire, mais à quel prix? Sans compter les soldats, un nombre incroyable de civils y auront perdu la vie.
D'autres mourront encore longtemps des conséquences de cette guerre, bien après le départ du dernier soldat, à cause de la destruction des réseaux d'eaux et d'énergie, du système de santé, de l'empoisonnement du sol et de l'air par la radioactivité du matériel et des armes utilisées, et par les mines et les obus qui criblent littéralement le territoire.
Au delà d'une civilsation qu'on a fait reculer d'au moins un siècle sur le plan de son développement, les pertes pour l'humanité toute entière sont grandes. Des institutions muséales d'une valeur inestimable ont été pillées, des milliers de trésors archéologique remontant à la lointaine Mésopotamie sont disparus et des oeuvres d'une grande valeur artistique ou architecturale ont été détruites ou spoliées.
Cette guerre de six ans se sera soldée par un autre bilan très négatif, comme dans la plupart des conflits que les États-Unis initient depuis un demi-siècle.
Bien sûr, le bilan n'est pas négatif pour tous. De grandes multinationales comme Halliburton (liée de près à l'ex vice-président Dick Cheney et à la conseillère Condoleeza Rice) ou Kellog Brown & Roots en ont retiré des milliards de dollars! D'autres pétrolières comme Exxon ou Total (propriété partielle de Power Corporation du milliardaire canadien Paul Desmarais) ont aussi bien su profiter de la manne.
Tirerons-nous collectivement une leçon de cette histoire? Ou prolongerons-nous encore longtemps ces soi-disant missions de paix ou de "reconstruction", comme actuellement en Afghanistan, pour nous rendre compte dans trois, cinq ou dix ans, que nous n'avons rien fait là d'autre que de nous appauvrir collectivement en enrichissant quelques grandes entreprises qui profitent de la présence militaire occidentale pour mieux dérober les trésors nationaux de pays auxquels ils n'ont autrement pas accès? Et de ce fait nourrir l'argumentaire des extrémistes que nous ne savons combattre qu'en payant de nos propres libertés?
26 février 2009
AU CANADA, IL SERA INTERDIT DE FUSILLER PAR INSOUCIANCE!
Le gouvernement du Canada, sans doute possédé par le fantôme de George Bush, veut créer une nouvelle catégorie de crime: les fusillades par insouciance. Et ce sera un crime d'autant plus grave qu'il sera commis avec une arme prohibée.
Que les assassins se le tiennent pour dit: ils doivent se soucier de qui ils tuent et, autant que possible, le faire avec une arme réglementaire! Autrement, attention à la loi! Décidément, le gouvernement Harper tente de repousser encore plus loin les limites de la bêtise!
Voir la nouvelle sur le site de Radio-Canada.
25 février 2009
PIRE CRIME CONTRE L'HUMANITÉ
Trahir le peuple
De tous les crimes que peut commettre un(e) élu(e), le plus grave est sans nul doute celui de trahir la confiance de ses électeurs. La crise que vit actuellement la planète est l’exemple des conséquences de ces trahisons. Les mensonges auxquels nous ont habitués les dirigeants des États ont ébranlé de manière durable la confiance des citoyens qui ne croient plus en la probité leurs dirigeants et, par associations, aux remèdes qu’ils proposent pour guérir les maux dont souffre le Monde.
On n’a qu’à regarder les gouvernements en place essayer tous les moyens pour relancer les économies moribondes et stimuler les marchés, plus rien n’y fait. Les consommateurs, les investisseurs, les contribuables, les citoyens ne leur font plus confiance. Les mensonges, petits et gros, auxquels ils nous ont impunément habitués, ont miné le système de l’intérieur et affaibli irrémédiablement d’admirables institutions que les nations ont mis des siècles à construire, souvent au prix de leur sang.
C’est sans remord que ces personnages immoraux, fourbes et vils, ces êtres essentiellement intéressés et opportunistes, avides de pouvoir, de gloriole et de bénéfices en tous genres, prétendent être des « représentants » de ceux qui les ont élus, généralement faute d’autre choix, et affirment parler au nom des peuples qu’ils disent représenter, quand ce n’est pas au nom d’un dieu, sans aucune autre légitimité que celle que leur donne, par défaut, des lois qu’eux ou leurs amis ont manipulées à leur avantage.
Derrière eux, ils laissent mépris, désabusement et cynisme. Ces sentiments ne sont pas ressentis qu’envers ces traîtres coupables. Par association, ce sont toutes les institutions qu’ils côtoient, fréquentent et dirigent qui finissent par être ainsi perçues. Leur malhonnêteté contamine la perception que l’homme se fait des institutions qu’il a lui-même créées. C’est le pire des maux, la plus abjecte des félonies.
Que faire?
La seule mesure possible face à ces criminels, c’est l’action répressive, forte et exemplaire. Les peuples doivent se doter de tribunaux libres, aptes à accuser, à juger puis à condamner ces personnes. Il faut y traduire manu militari celles qui déclarent la guerre sous de faux prétextes, celle qui jurent que tout va bien, pour protéger leur intérêt ou celui de tiers, quand elles savent que tout va mal, celles qui cachent et dissimulent pour mieux camoufler des gestes que le citoyen trouverait répréhensible, celles qui trompent sciemment, celles qui magouillent pour mieux engraisser l’ami ou l’associé, ou en retour de gains personnels éventuels, celles qui entravent le droit de savoir, au nom du secret d’état, militaire, commercial ou d’alcôve. Le moindre mensonge, la moindre fourberie de la part de celui ou de celle qui a prétendu mériter la confiance des autres, doit être puni sans appel.
Ces gens qui, souvent sous des dehors d’une grande élégance, ne respectent rien ni personne, qui en envoient d’autres à la mort ou, encore, les condamnent à la misère, n’ont peu de droits. Qu’on les accuse, qu’ils se défendent, puis qu’on les sanctionne à la mesure de la gravité de ce qu’ils ont vraiment fait, ne perdant jamais de vue que leur crime, des plus ignobles, s’attaque à la civilisation elle-même, à son passé, à son présent et à son avenir.
L’exil forcé, hors de la société et de ses bénéfices, est sans doute ce qui convient le mieux à ces misanthropes. Puis, une fois leurs actes expiés, leur réhabilitation partielle sera peut-être possible avec, comme seule limite, l’interdiction à tout jamais d’exercer quelque fonction demandant qu’on leur fasse confiance.
24 février 2009
ÉCONOMIE ET CRISE DE CONFIANCE: C'EST PROFOND!
D’après les experts, la crise économique actuelle s’amplifie à cause de la faible confiance des consommateurs dans le système. Ce n’est pas une nouvelle. C’est l’évidence même que les consommateurs n’ont plus confiance dans le système. D’abord parce que le système en question n’est pas qu’économique, mais aussi politique, et que tout le monde est parfaitement conscient que l’économique et le politique marchent depuis toujours main dans la main. Ensuite parce que les consommateurs sont aussi des citoyens, des électeurs, des contribuables et des usagers de services publics.
Il n’est pas nécessaire d’avoir un doctorat en politiques monétaires ou en finances internationales pour comprendre que le système actuel vise l’enrichissement des plus riches en maintenant tous les autres à un niveau juste correct pour qu’ils s’en contentent sans se révolter. La stratégie ne dupe personne, depuis longtemps.
Qui va mettre en place les mesures pour régler la crise? Les politiciens. Qui détient la dernière place dans les sondages quant à la confiance qui leur est accordée? Les mêmes politiciens! Tout le monde sait bien qu’ils ont menti pour être élus, et qu’ils mentent encore en cours de mandat. Il y a un prix à payer pour les nombreuses promesses électorales faites et non tenues, les contorsions pour cacher des transactions douteuses favorisant des amis du régime, l’absence de transparence entourant une foule de décisions gouvernementales et leurs conséquences.
La crise de confiance actuelle repose sur des événements aussi précis que nombreux. Parmi ceux-ci : les faux motifs ayant amené les États-Unis, la France, l’Angleterre, le Canada et d’autres à faire la guerre en Irak ou en Afghanistan, la spéculation douteuse sur le prix du pétrole au cours des dernières années, les parachutes dorés que se sont votés les dirigeants d’entreprises avec la bénédiction des organismes de contrôle des États, l’indécente désinvolture avec laquelle les chefs d’état occidentaux se sont faits les porte-paroles du néo-libéralisme, l’absence évidente de véritables intentions politiques pour réellement résoudre les problèmes de la dégradation de l’environnement, le réchauffement de la planète, les problèmes sanitaires et alimentaires des pays pauvres et les pratiques abusives comme le travail des enfants et le non respect des droits de la personne.
La crise de confiance, c’est autant la prison de Guantanamo Bay et son simulacre de justice que la condamnation des dirigeants d’Enron ou de Conrad Black pour fraude (ou de Lacroix au Québec) sans que jamais le petit épargnant ne soit dédommagé. C’est également les salaires des hauts dirigeants « gelés » à 400 000 $ sans qu’on ne touche à leurs autres avantages, ou les crimes pour « délits d’initiés » sanctionnés par des amendes payées par l’entreprise (et donc par les petits actionnaires) plutôt que par l’ « initié ». C’est encore la protection du secret des banques suisses et les paradis fiscaux des Bahamas et d’ailleurs qu’exploitent à leur avantage nos plus grandes institutions financières et nos grandes sociétés, côtoyant souvent de très près des intérêts criminels, sans que nos gouvernants s’y opposent. Au contraire, on concocte pour elles, avec les milliards que les petits contribuables ont mis de côté pour leur santé et leur retraite, des « plans de sauvetage » qui se traduiront par des millions de mises au chômage et la protection des emplois des dirigeants à gros salaires!
La crise de confiance est profonde. C’est l’effondrement de la confiance dans tout un système dont l’économie n’est qu’un des volets. Les médias contrôlés par les grands patrons auront beau se lamenter de tous leurs experts qui, curieusement, n’ont rien vu venir, et les gouvernements prétendre faire des miracles, la population semble, cette fois, avoir compris et n’a plus envie de faire confiance. À personne. Combien de temps cela durera-t-il? Sans doute longtemps. Peut-être même assez longtemps pour que, après les faillites prévisibles de plusieurs grandes entreprises, on se mette à penser plus loin, à faire un vrai ménage, et à remplacer le système actuel en se débarrassant des parasites qui s’y greffent.
L’autre possibilité? Le risque que le système qui nous a menés là refuse de tomber et garantisse sa survie en faisant ouvertement ce qu’il faisait avant de façon plus subtile : réduire l’ensemble des humains au rang d’esclaves au service des mieux nantis. Cela s’est déjà vu et ce sera, sans aucun doute, une alternative qu’on envisagera. Sachons s’en prémunir.
21 février 2009
Les Québécois? Des crétins!
Les humiliations se poursuivent et se multiplient. Jusqu’en 1995, les Canadiens ont eu peur, vraiment peur, que le projet souverainiste, qui avait le vent dans les voiles depuis 25 ans, ne se concrétise. Puis il y a eu ce référendum de 1995, volé par le camp du NON dans le mépris total des lois québécoises. Et ils s’en sont tirés ! Ils ont même réussi à faire croire que leur geste était d’autant plus légitime que le camp du OUI aurait lui aussi, selon leurs dires, triché en rejetant trop de bulletins le soir du vote ! Puis il y a eu aussi cette rhétorique bancale qui a servi a dénaturer complètement le discours tenu par Jacques Parizeau le soir de ce référendum, une rhétorique perverse dont la logique alambiquée faisait de Parizeau et de tous les souverainistes, par association, des racistes de la pire espèce.
Ce fut plus tard l’épisode pitoyable de la commission Bouchard-Taylor, véritable psychodrame national commandé par Jean Charest qui mit en scène tout ce que le Québec peut compter de zélotes, de bigotes, de curés misogynes, de mégères enragées et d’adéquistes xénophobes accompagnés d’une couverture de presse rien de moins qu’internationale. Ce qu’on a dû rire de nous dans les chaumières de la planète !
Pendant ce temps, la langue française perd du terrain mais, depuis notre ministre de la culture à la responsable de l’office de ladite langue, tous s’entendent pour affirmer, malgré toutes les évidences et les statistiques qu’on publie à corps défendant, qu’il n’en est rien et que les Québécois sont des anxieux paranoïaques !
Simultanément, des journalistes du Canada anglais affirment que le racisme des Québécois est à l’origine des comportements extrêmes comme celui de Marc Lépine à Polytechnique ou de Kimveer Gill à Dawson. Là où on aurait sans doute fusillé le coupable si quelqu’un d’ici avait avancé de telles horreurs sur, par exemple, les Juifs, nous n’avons même pas eu droit à des excuses dignes de ce nom. Quels minables sommes-nous !
Puis il y eut cette superbe et flamboyante réécriture de l’histoire à l’occasion des fêtes du 400e de Québec, où Champlain devenait soudainement le fondateur du Canada, et où l’anglophonie pouvait quasiment s’y croire elle aussi des racines ! Pendant ce temps, Pierre Curzi fut ostracisé pour avoir osé critiquer la venue d’un fier porte-parole de l’Angleterre, aussi Beatles soit-il, pour marquer le point culminant de ces fêtes. Et Pauline, brave Pauline, de battre sa coulpe, et celle de tous les indépendantistes, dans un geste d’auto flagellation largement médiatisé. Ayons honte !
La France, notre alliée supposée qui a toujours su, à ses heures, se faire un peu putain, en a récemment rajouté par la voix de son président qui n’a pas lésiné en traitant, avec son savoir-vivre habituel, les souverainistes d’ici de sectaires et de querelleurs… Tassez-vous, pauvres cons ! Desmarais était très content, Charest faisait semblant d’être gêné, Le Globe and Mail n’a pu s’empêcher d’en jouir publiquement, Harper a vite repris la balle au bond à la Chambre des Communes, et les pauvres cons sont rentrés chez eux, un peu plus écrasés.
Au même moment, du côté de Parcs Canada, un fonctionnaire franco-manitobain complexé, qui rêve sans doute inconsciemment de devenir un jour aussi puissant qu’un Anglais, a concocté une autre grande fête des Québécois : celle de leur défaite ! Et ce fut l’étonnement général quand quelques résistances se sont manifestées. Comme par hasard, c’est en évoquant sans autre preuve des « risques de violence appréhendée » (tiens donc, des relents d’octobre 70 ?) de la part des Québécois souverainistes que tout le monde a reculé et qu’on a mis un terme à ce délire fédéraliste. Encore une fois, c’est de la faute aux méchants Québécois indépendantistes !
Peuple de racistes, xénophobes, paranoïaques, imbéciles, sectaires, querelleurs et violents, voilà ce que nous sommes ! À force de le crier sur toutes les tribunes, de l’écrire dans tous les grands journaux, de le répéter dans tous les médias sans que jamais aucun geste d’opposition digne de ce nom ne se manifeste, le monde entier intègre le message. Et les Québécois aussi, surtout les plus jeunes, qui n’ont plus envie de se faire bafouer et crétiniser comme leurs parents et qui, à défaut d’exemples forts, optent en masse pour l’indifférence politique et la tranquille assimilation. Dans deux ou trois générations, celle de mes petits enfants sans doute, les effets débilitants de la consanguinité dont on nous stigmatisait encore tout récemment ne paraîtront plus. À moins qu’on ne prenne prétexte de notre personnalité d’inadaptés abrutis pour nous anéantir encore plus rapidement, et pour de bon cette fois-ci.
27 janvier 2009
LA TENTATION POLICIÈRE
Dans la foulée du 11 septembre 2001, les polices du monde ont vu s'accroître leur pouvoir. Et elles y ont pris goût. À Montréal, les policiers, dans une offensive contre la liberté d'expression, réclament actuellement deux nouveaux règlements : un pour interdire de porter une cagoule ou un masque lors des manifestations, et un autre pour pouvoir émettre une contravention aux individus qui insultent et injurient les policiers.
Mais à quoi pourraient bien servir ces règlements à part légitimer une volonté de répression actuellement injustifiable? On se cache le visage lors de manifestations pour justement éviter que des policiers ou d'autres individus aux intentions plus ou moins inquiétantes n'enregistrent notre présence et s'en servent ensuite, de manière parfaitement illégitime, pour faire du profilage, développer des suspicions par association et intervenir sur simple présomption! L'usage des caméras de surveillance, intrusion aussi illégitime qu'inefficace dans la vie privée des gens, a déjà fait la preuve que des policiers pouvaient aisément et dangereusement déraper dans ce domaine! Qu'un honnête citoyen manifeste le visage couvert peut habituellement s'expliquer par plein de motifs parfaitement légaux. Dans ce contexte, les policiers n'ont pas à intervenir tant qu'un geste criminel n'a pas été posé.
Quant aux injures et insultes aux policiers, il existe, pour eux comme pour tous les citoyens, des lois qui protègent des agressions verbales, du harcèlement, et des autres abus du genre. Seraient-ce que les policiers souhaitent simplement dégainer plus vite que la loi? Et de quel droit?
La meilleure manière de prévenir insultes et injures, c'est de se comporter de manière à ne pas les provoquer. Les attitudes parfois très cavalières de certains policiers ne sont pas étrangères au comportement des gens.
Tutoiement intempestif, langage abusif et souvent vulgaire, mépris du code de la route en situtation non urgente et privièges indus sont autant de gestes répréhensibles qui provoquent frustrations et parfois mépris de la part de la population. Peut-être faudrait-il traiter la cause avant de s'attaquer au citoyen? Et pour les cas vraiment abusifs, appliquons les lois qui existent.
Et en terminant, les corps policiers vont-ils finir par se plier à la directive du ministre pour ce qui est de l'inspection des pistolets Taser? Ou continuer à se moquer ainsi des directives du gouvernement et, partant, de la population?